Analyse réflexive


Aaaah!

C’était comme une lame de cristal, un cri qui transperce tout le corps, qui le fait suinter, qui signifie que pour toujours, désormais, il faudra vivre avec ça. Ce n’était qu’une enfant, pure et fragile. Belle et élancée. Elle gisait maintenant sur le sol, son corps inerte sans plus un souffle.

Le cri de la mère avait cessé. Ses bras l’enlaçaient dans une étreinte qui se voulait éternelle. Le temps s’était arrêté tout à coup. Le murmure du vent et un rayon de soleil nous rappelaient simplement que nous, nous étions en vie. Glacés mais vivants. Hurlant de douleur en silence, comme recroquevillés sur notre corps.

Laissez tomber vos armes! Rien ne sert de lutter. Il faut marcher, se mettre en route, prendre ceux qui restent par la main, faire un pas après l’autre.

Ne leur parlez pas de courage, ils n’ont pas eu le choix. C’est tout leur corps qui respire encore, eux.

Isabel