Lire, écrire, créer 2016 : S’engager dans les mots, avec les mots »


L’histoire de mon objet

Il était une fois un cadeau déplacé mais bienvenu
Il était une fois une tentative hasardeuse de la part d’une belle-mère envers sa belle-fille
Il était une fois un porte-clés juvénile composé de quatre minuscules lettres en métal coloré qui, une fois assemblées, forment le mot LOVE
Il était une fois quatre babioles par lesquelles Annie me transmet maladroitement son affection toute maternelle… lire la suite


Il faut de tout pour faire un monde

 

LOLA

Le déménagement était terminé. Après avoir terminé les derniers rangements, Lola a regardé par la fenêtre de la chambre à coucher et s’est sentie seule. Seule, comme la dernière mie qui reste sur l’assiette après le goûter. Seule, si seule.

Joseph, son mari, était déjà occupé à apprivoiser le jardin. Il arrachait des mauvaises herbes. C’est lui qui avait flashé sur cette maison isolée située le long de la grand-route. Lola l’entendait siffloter en travaillant.

Au loin, elle a vu Jack, le chien du bar des Amis.  Il vivait une vie de chien errant alors qu’il aurait pu être en bonne compagnie.… lire la suite


Portrait d'une Franchisseuse

Je m’appelle Chouchou et je fais fantasmer les femmes.

Parce que j’ai franchi les frontières de ma famille.

Je n’ai pas fui, non.

Chaque jour, mes efforts forgent un firmament qui sera fatal aux fantômes fous de leur passé.

Finalement, elles pourront fendre leurs fêlures avec force.

Elles pourront renvoyer leur foutre dans la fange.

Elle pourront fêter leurs formes fièrement.

 

Céline, pour Chouchou… lire la suite


Abécédaire

 

 

Accident

Ca devrait faire mal, un accident…

Larousse commence sa définition par : « Evénement fortuit qui a des effets plus ou moins dommageables… »

Evénement fortuit, oui oui…

Dommageable, en art, non non…

En pédagogie aussi parfois…Hihi…

C’est si bon de se tromper…

La faute, l’erreur, devient source de découverte de plaisir, on se surprend,

on s’émerveille du clin d’œil dont la tache, le mot qu’on ne cherchait pas, nous gratifient…

Clin d’œil ? Mon œil, cela devient le cœur de l’œuvre… oui oui…

J’exagère peut-être… ?

Bon, mais quand on cherche l’accident- d’accord, ce n’est dès lors plus un accident !!!!- Pfffff

Je disais donc, quand on suit la consigne de l’accident, – Mamma mia, on nage en plein délire !- c’est parfois la sage application, la structure bienveillante, l’esthétisme….… lire la suite


Histoire de ton objet -Histoire de mon objet

L’histoire de ton objet

C’est l’histoire d’un porte-clefs : celui qu’il t’a offert aux premiers temps de votre relation.

Il n’osait pas te dire « je t’aime », intimidé par ce sentiment neuf qui l’habitait. Il avait trouvé une voie détournée pour la confidence : un porte-clefs avec quatre breloques : Un « L », un « O », un « V » et un « E ». Tu as chaviré…

En ce temps-là, tout t’émouvait davantage. Comme si tu découvrais le bleu du ciel, le chant de l’oiseau ou la beauté d’un caillou.

Tu vibrais pour un regard, une hésitation dans un mot, un rougissement fugace, une main posée, une mimique de surprise.… lire la suite


Leçon de l'histoire du Rabbin selon Marco

Il y a peut-être une excuse pour  ceux qui ne peuvent pas allumer un feu.

Peut être que détruisant toutes les forêts, Dieu a refusé d’entrer dans une menuiserie.

Peut-être que nous avons vendu le soleil pour une histoire d’abat-jour.

Peut être que nous sommes de pauvres comédiens .

 

Marco

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La sineddoche, capriola dei poeti

Prendo il primo frammento di corpo. Una sineddoche corporea, capriola dei poeti. Respiro, m’ispira. Je le décalque. Je le décalque ? pourquoi ? Non so come cominciare. Je le decalque avec un bic. J’aime le bic, sa trace est élégante mais c’est aussi une cage. Une cage élégante.

Ne pas mettre les fleurs dans  la porte de ta cage… disait ce gars, l’anarchiste là-bas. Vous ne voulez plus sortir. Mais oui… parla facile l’idealista, tutto impegnato a liberarsi, ma da che ?

C’est jolie ce jaune, il m’éblouit. Et le rouge. Qu’est qu’il fait le rouge ? Il est rusé le rouge… fai attenzione… è  furbetto il rosso, s’insinua, ti appassiona e poi ti lascia solo, solo davanti al figurativo.… lire la suite


A fleur de peau : le triptyque

Comme un visage éclaté qui devient bouillonnement cérébral (Micheline)

Comme un visage éclaté qui s’estompe peu à peu (Natalie)

Comme une femme couchée qui se retrouve dans la promesse d’un être neuf (M)

Comme une femme couchée qui devient une route semée de petits cailloux (N)

Comme cette main posée là sur les vagues du temps (M)

Comme cette main posée là qui refuse de faire des promesses (N)

Comme un nombril mauve prêt à s’ouvrir (M)

Comme un nombril mauve d’avoir vécu si longtemps (N)

Comme un écheveau de vaisseaux montrant le chemin de la vie (M)

Comme un écheveau de vaisseaux vidés de leur substance (N)

Les bras comme des branches : leurs nœuds nous disent où l’homme a dû baisser la tête (N)

Un cœur solaire battant jour après jour, marquant le pouls des corps qui se rencontrent (M)… lire la suite


Les termites dans les poches

Terre occupée.

La classe comme une carte vide. Le vide il ne faut pas le remplir par la force, mettre les chose sur les choses. Peut être parfois que oui. Mais il y a le risque de remplir tout.

Le point est fait en ligne et la ligne devient une surface. La surface recouvre et écrase ce qu’il y a dessous. Il faut respecter le vide qui est l’espace pour le souffle. Ah… idée ! Et si nous mettions des termites dans les poches des enseignants ?

Marco

 … lire la suite


Au borinage aborigène…

Un jour j’irai en Océanie, chez les Walablief manger un cornet de frites à l’envers, sous la croix du sud, et j’ouvrirai un théâtre de poche, dans un kangourou. Ou alors un fritcoast, sur la côte… Je m’enverrai des boomerangs: par Sobelair, avec un timbre oblitéré pour le retour, sur un air de didjeridoo, au borinage aborigène, ornithorynquement. Je rêve.

 

Là:

“Survivre dans le bush”, se disent-elles.

Ici:

“Faire une lessive” me dis-je.

Là:

“Tailler, creuser le didjeridoo” songent-ils.

Ici:

“Penser à prendre mon i-pod” se disent-elles.

Là:

“Chasser dans la poussière aride, orange et rouge.

 

Surconsommer, se sur-consumer dans la jungle bouillante de béton et de l’acier des villes…

Sarah se maquille …

Les aborigènes se peignent le corps…Un point, c’est tout.lire la suite


Je suis Homme

… rien de ce qui est humain ne m’est étrangé

 

Je ne pense pas pareil.

D’après moi, nous sommes tous différents, tous étrangers les uns des autres, loin des planches d’anatomie, des « standards » de la science, des religions,…

Tous différents et donc riches de partages, questions, réflexions, dons,…

Ces différenctes peuvent effrayer les autres ou soi même.

« rien de ce qui est humain ne m’est étrangé » ?

Que contient « ce qui est humain » ?

 

Isabelle – analyse réflexive – Il faut de tout pour faire un monde… lire la suite


Cadavre exquis

Ca va saigner dans les cavernes

Une tache

graisseuse

se contorsionnait

moelleusement

dans les veines bleues

en soulevant sa robe

jusqu’à la fin de la perfusion

 

Isabelle… lire la suite


Une franchisseuse

Je m’appelais Philippe

Je m’appelle Phia

Je vivais ma fêlure comme une fissure

Je suis allé au bout de mon fantasme

 

Je suis le corps sexué

Je suis le corps transformé

Je suis le corps désacralisé

 

Corps carapace ou  corps vulnérable.

 

Je m’appelais Philippe

Je m’appelle Phia

Je prends tous les risques sur scène

Je joue avec le vent et la glace

 

Je suis le corps physique

Je suis le corps exhibé

Je suis le corps à l’œuvre

 

Un être en pleine mutation.

Mais où est le corps ? Où est l’être ?

Dominique… lire la suite


18h45

18h45

AMELIE :

Bonsoir Alain. Comment tu vas aujourd’hui ?

ALAIN :

Mieux depuis que tu es rentrée , mouette.

AMELIE :

Je peux m’asseoir ?

ALAIN :

Oui, mais sur ton cul. (Un temps) 

 AMELIE :

J’ai piaillé toute la journée… Montrant son chapeau. J’ai 13 euros, 2 chokotoffs, un bouton et un préservatif. Et ça. Je sais pas ce que c’est.

ALAIN :

C’est un billet de loterie, ma caille.

AMELIE :

Je t’offre un verre ?

ALAIN :

J’ai une ardoise, mon ange.

AMELIE :

Il est tout foutu ton crayon. L’est rikiki.

ALAIN :

Maousse costaud.

AMELIE :

Tu me lis ?… lire la suite


J’ai déjà eu l’occasion de vous l’expliquer

J’ai déjà eu l’occasion de vous l’expliquer, il me semble : le plus souvent, quand on s’en va, on ne sait jamais où aller, n’est-ce pas ?

Je n’ai rien dit à personne : j’ai quitté « le rivage » au petit matin.

Une heure plus tôt j’avais pris mon dernier petit déjeuner au premier étage du bistrot.

Après vingt ans de loyaux services à tous les cabossés du coin,  j’allais enfin partir en retraite anticipée.

Je suis sorti dans un matin froid de juillet. J’ai croisé Manolo qui traînait sa carriole pleine de ferraille. Il a salué de la main comme tous les jours.  … lire la suite


Les leçons de l’histoire du Rabbin

Ce qui nous relie, c’est la mémoire, le souvenir.

Nos expériences se transmettent et constituent une réalité par delà la réalité.

Cela me rappelle cette histoire que l’on m’avait racontée un jour et qui m’avait irrémédiablement marqué. Si un arbre tombe dans la forêt profonde et que personne n’était là pour le voir tomber, l’arbre est-il véritablement  tombé ?

Guy… lire la suite


Mémoire(s)

Il savait qu’il était temps d’offrir sa mémoire aux suivants.

Il convoqua les petits enfants, les enfants et sa compagne de vie.

Dehors il neigeait comme cet hiver là.

Le vieil homme la déposa sur la table. C’était une petite boîte en fer blanc. Rien d’immense. Une boîte à biscuits peut-être.

Il fit ce geste avec lenteur, de manière solennelle, sans gravité. Il sourit aux enfants.

Il prit la main de sa compagne et souffla sur sa propre vie.

Je suis un des petits enfants. Je suis le gardien de la boîte en fer.

Je regarde ma fille, son bébé. Et je me dis qu’un jour il me faudra déposer une valise

Alors ce soir, je suis retourné dans la pièce tard pour rouvrir la petite boîte en fer.… lire la suite


texte triptyque atelier Bacon

A la recherche de l’accident …. On l’a trouvé !! On a compris qu’il ne fallait pas lécher l’oeuvre mais qu’on aurait pu. Elle, par contre, aurait bien voulu être léchée. Mais on a bien respecté la règle qui était de ne pas lécher. Elle est où la langue ? On l’a bien cachée, fallait pas la montrer. Le problème quand on lèche c’est qu’on risque d’avaler et le passage peut alors être être obstrué. La consigne n’était-elle pas de risquer l’accident ?… lire la suite


L’histoire des objets

L’histoire de mon objet

Il était une fois un cadeau déplacé mais bienvenu,

une tentative hasardeuse d’une belle-mère envers sa belle-fille,

un porte-clés juvénile composé de quatre lettres minuscules en métal coloré qui assemblées forment le mot LOVE,

quatre babioles par lesquelles Annie me transmet maladroitement son affection toute  maternelle.

L’histoire de ton objet

Un sifflet. Bien sûr cela rappelle le cours de gym à l’école. Mais aussi le chef de gare, les trains les voyages. Un sifflet, c’est aussi un outils d’arbitrage, un top départ, une fin de partie, un signal de détresse, un jeu d’enfants qui nous casse un peu les oreilles.… lire la suite


Le monde semble en désordre

Le monde semble en désordre et les humains…

… marchent dans l’ordre
… comptent les minutes pour ne pas manquer la danse
… y contribuent grandement
… s’accrochent au radeau de la méduse
… n’aiment pas ranger leur chambre
… ne chantent en choeur qu’un gai vacarme
… tels des héros de comics, sont là pour le sauver
… répètent et répètent : « c’était mieux avant »
… nous y sommes attachés sans en être l’esclave
… parfois oublient qu’ils sont humains
… serrent les poings au lieu de se serrer les coudes. Toujours rien pigé… Ca viendra peut-être
… suspendus à une corde, s’y mirent comme dans un miroir
… posent leur touche de folie
… dé-priment, dé-rivent, dé-rident, (se) dé-nudent
… s’efforcent de renaître des cendres de leurs ancêtres tels des Phénix… ou pas
… célèbrent l’anniversaire de Pascale
… s’échappent pour retrouver leurs rêves
… s’abordent ?
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