L’atelier

Quelques textes produits et mis lignes suite à divers ateliers de Belgique (RPé, etc.) et de France (GFEN Provence).


Le temps des questions : Comment combler les attentes d’un public hétérogène ?

Réponse à la question par un texte oblique, avec une série de questions.

Il est homo ou hétéro dit-on du public… mais la frontière est poreuse. Même quand il est homo, une part hétéro n’est-elle pas là, en chacun ? Et quand il est hétéro, chacun ne se rejoint-il pas dans des zones homo ? Vous me suivez ?

Comment combler les attentes d’un public hétérogène ?

Le public, le public… Le public, c’est celui qui regarde,  qui paye sa place… ou pas (mais c’est rare les spectacles gratuits), parfois (hélas) c’est celui que l’on entube via petit écran ou autre.… lire la suite


Récit du personnage : deuxième écriture après description plate

Le chauffeur de camion

Il est chargé, chaque jour vers 10h, d’amener les produits commandés la veille par les responsables de la Croix-Rouge. Dans la jungle sa tâche consiste à garer son camion à l’endroit prescrit, à décharger les colis à l’entrée du bâtiment, à faire signer le bon de réception par le responsable, puis à repartir. Il a d’autres livraisons quotidiennes à effectuer pour la Croix-Rouge (au Centre de transfusions sanguines notamment).

La borne à recharger les GSM est là. Check. Le lait, le PQ, l’eau. Check. Le pain, les oeufs, le riz. Check. Lessive, savons. Check. Le carton du matos scolaire du secours catholique.… lire la suite


Source et blessures d’enfance

Si je sais exactement quand elle est venue, j’ignore d’où. C’était le mariage de mon parrain. J’avais 9 ans. Et j’ai écrit un poème sur l’amour, qui ne dure qu’un jour ou toute la vie, on n’en sait rien.

Les adultes m’ont demandé de le recopier sur des bouts de nappe en papier blanc, et de le distribuer. C’était rigolo, et j’étais fière, mais ce premier poème, d’où m’était-il venu?

Les adultes m’ont posé la question. Ça veut toujours tout savoir les adultes. Alors, j’ai répondu que ça m’était venu en regardant le parterre de pensées devant la salle des fêtes.… lire la suite


Refuser, ou la puissance de faire autrement

Quand est-on prêt pour le refus? Qu’est-ce qui, après des jours, des mois, des années d’habitudes, pousse à prononcer ou à faire un NON ?

Tout notre être répugne au changement, l’être humain peut se plier à n’importe quelle règle, aussi dure soit-elle… Alors quelle tension intérieure faut-il pour que le fusible saute, pour qu’on acte le refus et pour que tout bascule?

Parce qu’une fois que le refus est officialisé, la porte du quotidien se referme en claquant. S’étale devant soi le champ des possibles, possibilités de rencontres, d’associations et d’actions.

Se résigner c’est s’enfermer.

Mais résister, c’est créer…

Anne-Marie Charon… lire la suite


Refuser ou la puissance de faire autrement

Un bloc, fait de bras et de jambes entremêlés. Un bloc inhumain, têtes multiples, traits tirés, crampes aux bras, aux jambes, un bloc qui respire peurs et détermination, qui respire son courage, s’en alimente. Un bloc vivant.

Les hélicos tournent, des hommes casqués s’approchent, la tension monte, évidemment. Il n’y a qu’une seule issue possible : à un moment, les corps vont se dénouer, à un moment chacun rentrera chez lui ou quelque part, les corps retrouveront une autre liberté. Mais là, il reste juste cet amas, bloc, nœud de Nons entremêlés. Résistance. Et la certitude qu’il n’y a aucune alternative à cette opposition.… lire la suite


Désirer Désobéir Faire violence

Bulles, Bulldozer, Bouillasse, Bouillaison, Bouillottement, bouillonnement, bougonnement

Bougonner, gémir, feuler

Ecrire

Ecrire pour se taire

Ecrire pour faire violence

Ecrire pour semer

Ecrire pour gronder

Ecrire pour enfanter

Ecrire pour s’unir

Ecrire pour désobéir

Ecrire pour crier, hurler

Ecrire pour prendre, arracher

Ecrire pour rêver

Ecrire pour transformer

Ecrire pour faire caresse

Bourgeons

Myriam Horman… lire la suite


Le message des papillons, ou la morphose-méta

Le message des papillons s’apparente à la révolution intérieure. Sa révolution, grainuscule de révolution et de rêve.

Soumis aux soulèvements (depuis ce matin), ne sommes-nous pas poussés à décoller très haut, poings levés et bouches ouvertes?

« Fomenter », comme dans un cocon en fin de carrière qui laisse la révolution s’opérer inexorablement : il va sortir, mu par un désir de vie incompressible, le « papillon-désir », de nuit – de jour – symbole de notre évolution humaniste. C’est ce qu’ils nous disent, les papillons : ce qui doit être est, morphosez-vous! Avancez vers les circonvolutions et les lumières!

Dominique B.… lire la suite


Analyse réflexive

Aaaah!

C’était comme une lame de cristal, un cri qui transperce tout le corps, qui le fait suinter, qui signifie que pour toujours, désormais, il faudra vivre avec ça. Ce n’était qu’une enfant, pure et fragile. Belle et élancée. Elle gisait maintenant sur le sol, son corps inerte sans plus un souffle.

Le cri de la mère avait cessé. Ses bras l’enlaçaient dans une étreinte qui se voulait éternelle. Le temps s’était arrêté tout à coup. Le murmure du vent et un rayon de soleil nous rappelaient simplement que nous, nous étions en vie. Glacés mais vivants. Hurlant de douleur en silence, comme recroquevillés sur notre corps.… lire la suite


Résister, ou la puissance de faire autrement

La matière se soulève dans le mouvement. C’est le corps qui écrit son mouvement, en quelque sorte. Les bulles, la paille, les rubans, une montgolfière de sachets du quotidien envolée, ça raconte quoi?

L’idée d’aller là où c’est inattendu? Une forme de liberté recherchée mais pas encore nommée? Un premier « non » au statique par l’exploration du vol?

Mouvement, échappées, criées.

Refuser, quand la bouche ouverte, béante, tue le mot par le cri.

Artistiquement, on explore, on expérimente, peut-être ainsi prend-on un peu de distance des situations collantes qui enferment et qui écrasent.

A-t-on crié? La photo de cette femme avec les mains sur sa tête, les dents jetées dehors, le visage comme libéré et lacéré en même temps : CRIER NON dans la rue, peut-être famous.… lire la suite


Welcome

Welcome, marhaba, ahlam wa sahlam, kosh amadi, wilkommen, bienvenidos, dobro pajalovatb,… un mot dans mille langues possibles.

Je me demande toujours ce que me dit une personne lorsqu’elle me dit bienvenue , que ce soit dans sa langue ou en français ou en français avec sa langue pour donner la couleur à ce mot qu’il a appris. Qu’est-ce qu’il accueille : mon corps, mon âme, mes pensées, ce je ne sais quoi que j’apporte avec moi ce jour là précisément, ou mon tout moi pour l’éternité. Veut-on de moi pour 1h, 1 journée, le mois qui vient ? Quelle place exactement m’est offerte par sa vie dans la vie de celui sui le dit, à la racine de la langue qui l’a fait naître ?… lire la suite


Réinventer Calais : convoquer les acteur avec deux mots « débrouiller – cuisiner »

En septembre 2015, la petite ville de Theux accueillait plusieurs centaines de réfugiés dans son camping de Polleur. A l’époque c’était Caritas qui gérait. Caritas représenté par une équipe de 4 personnes qui faisaient des roulements à 2, jours, nuits, week-end, tous les 4 jours. C. avait pensé travailler une semaine, elle est restée 3 mois.

Les repas étaient organisés par un traiteur qui apportait des repas chauds une fois par jour, sous vide. Croyant bien faire, il soignait une cuisine aigre douce. Il avait entendu que de nombreux afghans étaient présents. Il y avait aussi des syriens…

Il pensait peut-être que l’Asie n’étant pas si loin… Mais au camping, il en était tout autre.… lire la suite


Un sac de 60 litres

Description plate

Un sac poubelle de 60 litres, gris fonçé, H1m/ L40cm/P30cm.

Plein à craquer, légèrement éventré, d’où sort une tige de fer, dégoulinant…

A 5 m, il sent. A 1 m, il pue.

Posé près d’un endroit où quelqu’un dort.

Elisabeth

Le récit

D’où je suis, je regarde l’homme qui dort là, à quelques mètres de moi. J’ai entendu hier soir qu’il s’appelle Reza. Cette nui, j’ai lu l’histoire d’un Reza dans un livre jeté en mon intérieur. C’est ainsi que je sais qu’il est iranien. Ses joues sont bleues d’une barbe de quelques jours. Il sourit doucement en dormant et j’essaie de lui fabriquer une berceuse en faisant jouer le vent dans mes plis.… lire la suite


réinventer Calais: Puanteur-langue 1

De petits bruits de toux, des raclements de gorge, sonnerie de GSM, un pleur d’enfant, un gémissement, des chuchotements, quelques engueulades, un rire… Chaque aurore, le peuple de la jungle se réveille aux bruits qui s’élèvent. les automates s’articulent lentement. Mouvements ralentis, mécanique rouillée. Des odeurs fétides d’urines et de sueur s’éveillent aussi. Tout est imprégné dans une sorte de smog matinal qui traverse le clan des fantômes en errance. Visages creusés, regards atterrés, pris de fatigue et de résignation.

Entre

Entre, il y a le bruit de la mer, une odeur fragile de café et de pain. Un sourire partagé, une cigarette, un savon.… lire la suite


j’écris pour me parcourir 1

La fraiboise.

La fraiboise fait ses adieux à la bogorde et au copidon pour filer, l’espiègle, la coquine, vers d’autres eaux.. D’autres aventures amoureuses. Coups de reins, mugissements aigus, caresses… à suivre! Quelle vilaine! Car la fraiboise, fier échassier, divine grue, aérienne, voltige volette volage. Elle vit exclusivement sur une île, près des eaux marines, claires et chaudes, nue. C’est une agile grimpeuse qui sait communiquer avec ses mains et parfois ses pieds! Au pays des délices du géant, on trouvait jadis, dans certaines grottes couleur pourpre, une fraiboise. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines de ce temps onirique qui a laissé malgré tout et à jamais un rêve qui s’éteint mais qui colore encore de rose les joues de quelques muses amusantes.… lire la suite


Puanteur + la nuit

La nuit, quand les yeux ne servent plus à rien et que l’obscurité oblige les autres sens à prendre le relais, les odeurs amplifient. Il n’y a pas d’échappatoire. L’air qu’on respire, qu’on est obligé d’inspirer, puisqu’on a choisit de s’accrocher à la vie, désespérément, l’air pue l’urine, l’humidité, la sueur, la crasse, la cigarette froide, le vomi, la peur, le sandwich au fromage, la vinasse, la bière, le foutre, la merde, les emmerdes, l’essence, le bois mouillé, les pieds, le pourri, le désespoir.

C’est une agression des narines au rythme de la respiration. Même en se bouchant le nez, on inspire tout de même la puanteur jusque dans nos poumons, les odeurs passent par le sang, finalement c’est notre peau elle-même qui pue.… lire la suite


Chien

C’est une belle bête. Bien brossée. Poil luisant. Musclée. Dressée à… à quoi? A l’attaque? Sur qui? Ceux qui puent la crasse, la pisse, l’essence, la tente, l’humidité? Comment s’y est-on pris pour que ce chien qui fût un chiot mignon, tendre et jouette devienne, sur un ordre bref, une machine, une bête terrifiante, aussi loin du gentil chien-chien à sa maitresse que ces hommes aux yeux ternes accrochés aux grillages de leurs mains sales sont loin des instits, des libraires, des pilotes de ligne, des antiquaires qui habitent la ville un peu plus loin?

Mais c’est une belle bête. Le soir, elle suit son maître à la maison, la muselière est rangée, et pendant un moment, ils jouent à deux: va chercher!… lire la suite


de l’intérêt de la gamberge?

de la blessure de l’éléphant
qui se dandine sur la berge
ses lourdes pattes se soulevant
l’une après l’autre: a-han a-han.
Vient à passer une gamine
un peu fluette, un peu fragile
pieds nus dans la poussière humide.
La fille s’arrête à quelques pas
de l’éléphant qui maintenant
cesse le mouvement de ses grosses pattes
et tourne la tête lentement.
Sa trompe caresse la chevelure
hirsute, trop longue sur le devant
de la gamine qui lève la main
pour effleurer la trompe rugueuse
et douce dans un même temps
c’est surprenant.

Une onde passe entre les deux
comme une émotion partagée,
singularité reconnue
de la fille et de l’éléphant.… lire la suite


Le message des papillons

Papillons dans l’estomac : « Soulèvement de l’âme à la vue de l’être aimé ». Papillon, légèreté éphémère et délicate, effleurement entre ciel et sol. Excitation, envol, beauté. Il y a dans la révolte les prémisses d’un tremblement de terre. Effet papillon.

Ensemble, mettre notre génie au service d’un envol. Se faire ingénieux à défaut d’ingénieur, donner ce que l’on peut. Faire ensemble pour briller à plusieurs. Rendre le message plus fort en y ajoutant plus de voix. Si chacun remue les consciences dans son coin, il ne peut donner lieu qu’à des ridules sur une mer d’indifférence, mais si, tous, nous disons ensemble, nous devenons une vague dévastatrice capable de remuer les certitudes.… lire la suite


Lettre à Henri Michaux

Cher Henri,

 

En lisant tes conseils, on pourrait penser que tu fus sous l’emprise de quelques champignons aux pieds violacés, mais peut-être est-ce ainsi que tu gardes une fumée ? Du coup on cherche une lumière.
Qu’est-ce que cette invention de noms de lieux, de peuplades tantôt braves, tantôt couardes, parfois en voie d’extinction, nous révèle de ce que nous sommes aujourd’hui, là, maintenant ?

Le poème de la création nous dit ce que l’homme des temps anciens avait compris du fonctionnement de la terre. Il y mêlait la profusion des poissons de ses rivières connues, la diversité des oiseaux de son ciel.… lire la suite


L’histoire de mon objet

Il était une fois un cadeau déplacé mais bienvenu
Il était une fois une tentative hasardeuse de la part d’une belle-mère envers sa belle-fille
Il était une fois un porte-clés juvénile composé de quatre minuscules lettres en métal coloré qui, une fois assemblées, forment le mot LOVE
Il était une fois quatre babioles par lesquelles Annie me transmet maladroitement son affection toute maternelle… lire la suite


Il faut de tout pour faire un monde

 

LOLA

Le déménagement était terminé. Après avoir terminé les derniers rangements, Lola a regardé par la fenêtre de la chambre à coucher et s’est sentie seule. Seule, comme la dernière mie qui reste sur l’assiette après le goûter. Seule, si seule.

Joseph, son mari, était déjà occupé à apprivoiser le jardin. Il arrachait des mauvaises herbes. C’est lui qui avait flashé sur cette maison isolée située le long de la grand-route. Lola l’entendait siffloter en travaillant.

Au loin, elle a vu Jack, le chien du bar des Amis.  Il vivait une vie de chien errant alors qu’il aurait pu être en bonne compagnie.… lire la suite


Portrait d'une Franchisseuse

Je m’appelle Chouchou et je fais fantasmer les femmes.

Parce que j’ai franchi les frontières de ma famille.

Je n’ai pas fui, non.

Chaque jour, mes efforts forgent un firmament qui sera fatal aux fantômes fous de leur passé.

Finalement, elles pourront fendre leurs fêlures avec force.

Elles pourront renvoyer leur foutre dans la fange.

Elle pourront fêter leurs formes fièrement.

 

Céline, pour Chouchou… lire la suite


Abécédaire

 

 

Accident

Ca devrait faire mal, un accident…

Larousse commence sa définition par : « Evénement fortuit qui a des effets plus ou moins dommageables… »

Evénement fortuit, oui oui…

Dommageable, en art, non non…

En pédagogie aussi parfois…Hihi…

C’est si bon de se tromper…

La faute, l’erreur, devient source de découverte de plaisir, on se surprend,

on s’émerveille du clin d’œil dont la tache, le mot qu’on ne cherchait pas, nous gratifient…

Clin d’œil ? Mon œil, cela devient le cœur de l’œuvre… oui oui…

J’exagère peut-être… ?

Bon, mais quand on cherche l’accident- d’accord, ce n’est dès lors plus un accident !!!!- Pfffff

Je disais donc, quand on suit la consigne de l’accident, – Mamma mia, on nage en plein délire !- c’est parfois la sage application, la structure bienveillante, l’esthétisme….… lire la suite


Histoire de ton objet -Histoire de mon objet

L’histoire de ton objet

C’est l’histoire d’un porte-clefs : celui qu’il t’a offert aux premiers temps de votre relation.

Il n’osait pas te dire « je t’aime », intimidé par ce sentiment neuf qui l’habitait. Il avait trouvé une voie détournée pour la confidence : un porte-clefs avec quatre breloques : Un « L », un « O », un « V » et un « E ». Tu as chaviré…

En ce temps-là, tout t’émouvait davantage. Comme si tu découvrais le bleu du ciel, le chant de l’oiseau ou la beauté d’un caillou.

Tu vibrais pour un regard, une hésitation dans un mot, un rougissement fugace, une main posée, une mimique de surprise.… lire la suite


Leçon de l'histoire du Rabbin selon Marco

Il y a peut-être une excuse pour  ceux qui ne peuvent pas allumer un feu.

Peut être que détruisant toutes les forêts, Dieu a refusé d’entrer dans une menuiserie.

Peut-être que nous avons vendu le soleil pour une histoire d’abat-jour.

Peut être que nous sommes de pauvres comédiens .

 

Marco

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La sineddoche, capriola dei poeti

Prendo il primo frammento di corpo. Una sineddoche corporea, capriola dei poeti. Respiro, m’ispira. Je le décalque. Je le décalque ? pourquoi ? Non so come cominciare. Je le decalque avec un bic. J’aime le bic, sa trace est élégante mais c’est aussi une cage. Une cage élégante.

Ne pas mettre les fleurs dans  la porte de ta cage… disait ce gars, l’anarchiste là-bas. Vous ne voulez plus sortir. Mais oui… parla facile l’idealista, tutto impegnato a liberarsi, ma da che ?

C’est jolie ce jaune, il m’éblouit. Et le rouge. Qu’est qu’il fait le rouge ? Il est rusé le rouge… fai attenzione… è  furbetto il rosso, s’insinua, ti appassiona e poi ti lascia solo, solo davanti al figurativo.… lire la suite


Histoire de l'affranchie

Je m’appelle Fanny (en fait mon vrai nom, c’est Claudie) mais le marchand d’esclaves  qui m’a vendue a décidé que je serais Fanny. Je suis ce qu’on appelle une esclave ‘marron’, c’est-à-dire une qui s’est barrée sans demander son reste.  J’ai franchi le barbelé qui m’a arraché la peau et fait un gros trou à la cuisse gauche.

J’ai tout de même foncé. Les pièges, j’en ai rencontrés  : gardes, chiens, chasseurs, vagabonds, humiliations, insultes, jurons …name it.  Je me dis souvent que d’autres y auraient laissé leur peau.  Alors une vague de fierté m’envahit . Toutes ces années, je marchais tête baissée pour qu’on ne me reconnaisse pas, pour faire illusion comme on dit.… lire la suite


A fleur de peau : le triptyque

Comme un visage éclaté qui devient bouillonnement cérébral (Micheline)

Comme un visage éclaté qui s’estompe peu à peu (Natalie)

Comme une femme couchée qui se retrouve dans la promesse d’un être neuf (M)

Comme une femme couchée qui devient une route semée de petits cailloux (N)

Comme cette main posée là sur les vagues du temps (M)

Comme cette main posée là qui refuse de faire des promesses (N)

Comme un nombril mauve prêt à s’ouvrir (M)

Comme un nombril mauve d’avoir vécu si longtemps (N)

Comme un écheveau de vaisseaux montrant le chemin de la vie (M)

Comme un écheveau de vaisseaux vidés de leur substance (N)

Les bras comme des branches : leurs nœuds nous disent où l’homme a dû baisser la tête (N)

Un cœur solaire battant jour après jour, marquant le pouls des corps qui se rencontrent (M)… lire la suite


Les termites dans les poches

Terre occupée.

La classe comme une carte vide. Le vide il ne faut pas le remplir par la force, mettre les chose sur les choses. Peut être parfois que oui. Mais il y a le risque de remplir tout.

Le point est fait en ligne et la ligne devient une surface. La surface recouvre et écrase ce qu’il y a dessous. Il faut respecter le vide qui est l’espace pour le souffle. Ah… idée ! Et si nous mettions des termites dans les poches des enseignants ?

Marco

 … lire la suite


Au borinage aborigène…

Un jour j’irai en Océanie, chez les Walablief manger un cornet de frites à l’envers, sous la croix du sud, et j’ouvrirai un théâtre de poche, dans un kangourou. Ou alors un fritcoast, sur la côte… Je m’enverrai des boomerangs: par Sobelair, avec un timbre oblitéré pour le retour, sur un air de didjeridoo, au borinage aborigène, ornithorynquement. Je rêve.

 

Là:

“Survivre dans le bush”, se disent-elles.

Ici:

“Faire une lessive” me dis-je.

Là:

“Tailler, creuser le didjeridoo” songent-ils.

Ici:

“Penser à prendre mon i-pod” se disent-elles.

Là:

“Chasser dans la poussière aride, orange et rouge.

 

Surconsommer, se sur-consumer dans la jungle bouillante de béton et de l’acier des villes…

Sarah se maquille …

Les aborigènes se peignent le corps…Un point, c’est tout.lire la suite


Je suis Homme

… rien de ce qui est humain ne m’est étrangé

 

Je ne pense pas pareil.

D’après moi, nous sommes tous différents, tous étrangers les uns des autres, loin des planches d’anatomie, des « standards » de la science, des religions,…

Tous différents et donc riches de partages, questions, réflexions, dons,…

Ces différenctes peuvent effrayer les autres ou soi même.

« rien de ce qui est humain ne m’est étrangé » ?

Que contient « ce qui est humain » ?

 

Isabelle – analyse réflexive – Il faut de tout pour faire un monde… lire la suite