Le temps des questions : Comment combler les attentes d’un public hétérogène ?


Réponse à la question par un texte oblique, avec une série de questions.

Il est homo ou hétéro dit-on du public… mais la frontière est poreuse. Même quand il est homo, une part hétéro n’est-elle pas là, en chacun ? Et quand il est hétéro, chacun ne se rejoint-il pas dans des zones homo ? Vous me suivez ?

Comment combler les attentes d’un public hétérogène ?

Le public, le public… Le public, c’est celui qui regarde,  qui paye sa place… ou pas (mais c’est rare les spectacles gratuits), parfois (hélas) c’est celui que l’on entube via petit écran ou autre. Et quand on travaille avec des jeunes, des enfants, des groupes, des adultes, des anciens, des handicapés, des analphabètes (quel sale mot), des bénéficiaires, des allocataires, des détenus, des… sont-ce des publics ? des participants ? des apprenants ? des regardants ? des écrivants ? des…

Comment combler les attentes d’un public hétérogène ?

Et puis, ils attendent… que le temps passe ? que je les regarde ? qu’un des leurs le ou la remarque ? de tomber amoureux ou amoureuse ? de manger un morceau de chocolat à la pause ? La pause… peut-être attendent-ils juste la pause ? de savoir ce qu’il faut acheter aux courses pour ce soir, ou ce qu’il y aura à manger au souper ? ou encore se demandent-ils comment passer une étape, comment passer à autre chose dans leur vie ? Peut-être attendent-ils quelques arguments à donner à l’accompagnateur Forem ? ou comment faire pour que le père ou la mère accepte la sortie prévue avec les potes dans le Carré à Liège ce week-end ?…

Et peut-être, peut-être seulement attendent-ils que quelque chose de croustillant arrive dans l’animation que je propose…

Je propose, ils disposent.

Alors, comme j’ai de l’affection pour tous ces gens, jeunes ou vieux qui montent dans mon train, je soigne le paysage. Surprendre. Prévoir quelques zones de fenêtres à dessiner, relier avec le laid et avec le beau, faire un chemin de traverse à pieds, puis être émerveillée quand ils courent pour remonter dans le train.

Mais au fait, on va où ?

Bon, et bien, c’est le moment d’étudier la carte ensemble, de voir quand et où tout le monde pourra descendre. Le voyage n’est pas infini. Soigner l’arrivée c’est aussi important que soigner le départ.

Ce sera à ce moment là, je l’espère, que je pourrai voir comment chacun en personne et personnellement moi-même aussi, nous nous sentirons nourris. Nourris, mais pas repus, nourris, mais pas comblés, nourris avec de nouvelles grandes faims qui nous tirailleront ailleurs.

Alors… on s’écrira, d’accord ?

Pascale