Refuser ou la puissance de faire autrement


Un bloc, fait de bras et de jambes entremêlés. Un bloc inhumain, têtes multiples, traits tirés, crampes aux bras, aux jambes, un bloc qui respire peurs et détermination, qui respire son courage, s’en alimente. Un bloc vivant.

Les hélicos tournent, des hommes casqués s’approchent, la tension monte, évidemment. Il n’y a qu’une seule issue possible : à un moment, les corps vont se dénouer, à un moment chacun rentrera chez lui ou quelque part, les corps retrouveront une autre liberté. Mais là, il reste juste cet amas, bloc, nœud de Nons entremêlés. Résistance. Et la certitude qu’il n’y a aucune alternative à cette opposition.

Blocs, matraques, casques, crépitements photographiques, interpellations haineuses, menaçantes, clameurs de soutien, brouhaha, élévation de la tension, pas rapides et des bras qui arrachent les corps les uns aux autres, qui tirent avec violence. Son coude qui tenait si bien au tien, tes jambes aux siennes, ton regard au sien, déterminé.

Une image comme en rêve. Un point d’assise, un fil de funambule. Mais. Tu te réveilles seule. Gout de solitude, odeur solitaire, relents solitaires, pas de bruits.

Ton travail te déçoit. Ce qu’on t’impose, ce que tu t’imposes, ce que tu imposes.

Il y a une faille immense dans ton besoin de liberté.

Et puis, il n’y a pas de bras, de jambes, auxquels te raccrocher…

Courage, fuis.

Muriel